CLII
INTRODUCTION.
ou que l’on désire vivement nous semble, par cela même, plusprobable. Son image fortement retracée dans le sensorium affaiblitl’impression des probabilités contraires, et quelquefois les effaceau point de faire croire la chose arrivée. La réflexion et le temps,en diminuant la vivacité de ces sentiments, rendent à l’esprit lecalme nécessaire pour bien apprécier la probabilité des choses.
Les vibrations du sensorium doivent être, comme tous les mou-vements, assujetties aux lois delà dynamique, et cela est confirmépar l’expérience. Les mouvements qu’elles impriment au systèmemusculaire, et que ce système communique aux corps étrangers,sont, comme dans le développement des ressorts, tels, que le centrecommun de gravité de notre corps et de ceux qu’il fait mouvoirreste immobile. Ces vibrations se superposent les unes aux autres,comme on voit les ondulations des fluides se mêler sans se con-fondre. Elles se communiquent aux individus, comme les vibra-tions d’un corps sonore aux corps qui l’environnent. Les idéescomplexes se forment de leurs idées simples, comme le flux de lamer se forme des flux partiels que produisent le soleil et la lune.L’hésitation entre des motifs opposés est un équilibre de forceségales. Les changements brusques que l’on produit dans le senso-rium éprouvent la résistance qu’un système matériel oppose à deschangements semblables; et si l’on veut éviter les secousses et nepas perdre de force vive, il faut agir, comme dans ce système,par nuances insensibles. Une attention forte et continue épuisele sensoi'ium, comme une longue suite de commotions épuiseune pile voltaïque, ou l’organe électrique des poissons. Presquetoutes les comparaisons que nous tirons des objets matériels,pour rendre sensibles les choses intellectuelles, sont, au fond, desidentités.
Je désire que les considérations précédentes, tout imparfaitesqu elles sont, puissent attirer l’attention des observateurs philo-sophes sur les lois du sensorium ou du monde intellectuel, lois