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Tome I.
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§ u R. t A S u I S S E. 97peut jouer aux cartes ; mais on ne peut pasperdre au-delà de quarante-huit livres. On aquelquefois des Comédiens ; & , si la Ville étoitassez riche , le Théâtre seroit debout touteTannée. On n’a point d’or à sa voiture ; mais onpeut aller à dix chevaux si Ton veut. Ici le Do-mestique est un luxe, & on se plaît à multiplierle nombre de fis gens. Un Bailli qui a treize milleliv.de revenu de son Bailliage, aura treize laquais.Les Officiers- publics, les Magistrats sont commu-nément payés en denrées ; & cette perception.Vous annonce la rareté des espèces. Les Baillisreçoivent des dîmes en bois, en vin; TEtat'nepaye presque rien en argent. Chardin vous ditqu’en Perse les droits du Roi se payent en den-rées. Hérodote assure que cet usage s’est pra-tiqué dans le même pays jusqu’au régne deDarius. Dans la Perse & dans la Suisse , ce n’estpoint un effet heureux cTun système encoura-geant pour Tàgriculture ; c’est un usage de né-cessité. Ainsi je ne vous dirai point, comme le fe-roit peut-être un Voyageur entousiaste : Licurguepour déraciner la cupidité dans Sparte , ríanéantitpas la monnaie ; mais il en fit une de fer. Si la mon-noie de quelques Cantons Suisses ne vaut pasmieux , c’est qu’ils ne sont pas assez riches pourTélever à un taux plus haut.

Les Baillis Suisses sont des Magistrats redou-

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