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Tome I.
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no Lettres

prononcée. C’est à regret qu’on en vient .danstoute la Suisse, à ce dernier acte du Souverain:c’est un jour de deuil. Elle a reçu des anciennesRépubliques , cet amour pour ses Concitoyens.Vous savez quelle étoit la désolation publiqueà Sparte , lorsqu’on punissoit un criminel. LesMacédoniens mêmes , quoique sujets d’un Des-pote , n’osoient condamner un accusé - sans la-voir entendu en public. Ce n’étoit pas le Roiqui jugeoit. C’étoit la populace fur la place pu-blique. On ne connoissoit point les sentencespar contumace. A Rome , on ne pouvoit con-damner un Citoyen, qu’en présence du peuple,& enfin la loi Portia , commua la peine de morten exil.

Le Code de Charles V forme seul le fonde-ment des loix Pénales de la Suisse. La Coutumedonne aux Juges un pouvoir étendu , & ils nesemblent guidés que par les principes communsde la justice universelle. II n’existe rien d’impriméfur la Jurisprudence Criminelle. Les Régimenssuivent le même Code , que les Cantons exécu-tent avec beaucoup de modifications.

On plaide dans les Cantons comme ailleurs.Les procès y font traînés en longueur : lesmieux jugés ne font pas ceux qui vont au suf-frage des trente-six membres, mais ceux qui fontau rapport & au jugement des trois Magistrats ,