114. Lettres
îe bonheur d’avoir une grande Monarchie pouralliée. Elle se repentit trop tôt d’avoir été ingrateenvers la Macédoine , & d’avoir servi la Répu-blique de Rome. Vous observerez qu’il est plusrare de voir unies deux Républiques ensemble,qu’une République & une Monarchie. La raisonen est sensible, & vous me dispensez de vous ladonner.
Que devient la Noblesse ? Toutes les porteslui font fermées ; on l’éloigne tant qu’on peutdu Gouvernement ; si elle est à la campagne ,ón tâche de l’attirer à la ville, & on la surveille.Elle est mieux traitée à Soleure qu’ailleurs : vousverrez à Fribourg, à Lucerne, combien son étatest adouci ; mais cet adoucissement , en la ren-dant plus puissante, altère l’esprit de la consti-tution.
II y a ici & dans tous les Cantons aristocra-tiques , une classe de gens de plume, qui neservent point & ne font point de commerce.Elle se rapproche des gens de Lettres, & tienten effet le rang que ces derniers devroienttenir. Qu’est-ce qu’un homme de Lettres ? C’estcelui qui n’a aucun état & plane fur tous ; quifait la Jurisprudence sans être Avocat ; qui jugeles Nations & le8 individus fans être Magistrat;qui est Législateur fans être Prince ni Ministre ;Théologien, fans Sacerdoce , homme enfin. Et *