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Tome I.
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198 Lettres

un calme délicieux. 'Je suis beau (pardonnezTexpreffion ) comme ces campagnes ; je me sensinnocent comme elles. Je dors d’un si beau somme.Je ne rêve qu’à des fleurs , qu’à des feuilles ; au-cun fruit n’est amer. O combien de fois ai-je fuimes compagnons de voyage ! Seul, assis furim quartier de roc , les pieds pendans , le dostourné contre une chapelle , j’avois devant moiun précipice couvert du duvet mobile des cimesdes pépinières dans lesquelles le soleil émoussoitles pointes de ses rayons: un "peu plus loin éttíitun pont couvert, çà & là des maisons ; à quelquesdistances le charretier conduisoit silencieusementson léger charriot, & à travers les bois, des sen-tiers dérobés aux prairies , donnoient au plusverd, un cadre de sinabre. J’avois mon crayon,& je prenois ces traits que je vous reproduismal.

Au moment où je jetois mes observations furdes feuilles, une Nourrice s’est présentée à moi ;elle tenoit dans ses bras un Enfant nu, entière-ment nu. L’Enfant s’agitoit avec aisance, & pa-roissoit ne rien craindre des douches d’air , queses mouvemens lui procuroient. J’ai fait trêveà mes réflexions , jusqu’à de plus amples éclair-cissemens. Je n’ai trouvé de Zurich à Esterchwill,que des enfans ainsi abandonnés à la protectionde la nature. J’en ai conclu que J. J. Rousseau