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Lettresque j’ai vîte racheté la vue de ce vallon ! lechemin netoit plus qu un ruisseau montueux.Là est Morgarten , & le lac se nomme égérisée.C’est là qu’en i j 15, les armées d’Uri, de Schwitz& d’Undervald, taillèrent Tannée Autrichienne. *Cinquante Citoyens, expatriés pour dettes &rejetés de T armée combinée, arrêtèrent & dé-7firent les Autrichiens. Le Duc d’Autriche venoitvenger les Religieux de TAbbaye de Notre-DamedesHermites, que le Canton de Schwitz, qui lesaccusait d’intelligence, avoit retenus prisonniers.C’est après cette victoire que les trois Cantons s’u-nirentfédérativement. Louis de Bavière, concur-rent de Frédéric d’Autriche les y autorisa & leurpromit ía protection. C’est de ce Traité que lesSuisses comptent les jours de liberté dont ils jouis-sent. íl n’en est pas un qui ne se souvienne & neparle avec respect de Morgarten & de 1315.
C’est dans le Canton de Zoug , plus que dansl’Appenzell, que j’ai reconnu que les démocratesn’étoient rien moins que de bons Géographes ;c’est là que j’ai été convaincu, qu’on ne trouvedes aisances publiques, un luxe de route , quedans les Monarchies ou dans les Aristocratiesopulentes. Le Paysan qui n’a qu’un long char-riât , d’un pied & demi Rencaissement, qu’il dé-monte à volonté, & qu’il porte sur son épaulé«ans les mauvais pas, s’embarrasse fort peu d’é-