Band 
Tome I.
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rz8 Lettres

Citoyens lâches , passoient leurs jours fur laplace publique , c’est qu ils avoient des Esclavesqui travailloient ; & les Suisses , grâces au ciel,n’en ont point. Pourquoi ces Démocraties mo-dernes ont-elles des capitales? Pourquoi la Ré-gence n’est-elle pas ambulatoire dans chaqueCommunauté ? Pourquoi ce territoire est-il sipeu protégé ? Pourquoi à Zoug les amendes pé-cuniaires font-elles si fréquentes? Pourquoi dé-pouiller de riches propriétaires, parce qu’ilsont amassé trop de biens? De bonnes loix ne leurenlèveroient point leurs trésors ; mais elles emjpêcheroient la naissance des grandes fortunes.Eh ! quelle constitution enfin que celle , quimal tissue , ne peut-être réformée , parce qu’unegarantie commune défend les innovations mu-tuelles! Toujours un bout de chaîne! Toujoursla verge des Ephores !

Le'Canton de Zoug a la réputation d’être unedes plus rudes Démocraties de la Suisse. Cetteroideur tient au défaut de commerce & devilles. Les cinq Communautés font séparées , &couvrent le territoire en entier ; on fe commu-nique peu , on est peu instruit. Zoug relève del’Evêque de Constance pour la discipline Ecclé-siastique , & tient à la fédération par ses alliancesavec les Cantons de Lucerne , d’Uri, de Schwitz,d’Undervald.