sur la Suisse.
J’ai vu l’exercice des jeunes Paysans Ils avoientà leur tête le chapeau de paille bien enrubané,& autour du corps une giberne tenue par unecorde. Tous font adroits & ajustent à merveille.Comme dans tous les Cantons populaires , ona le droit de chasser, les Paysans font chasseurs,tirent toujours à balle , à la volée . du plus loinqu’iís apperçoivent l’oiseau , & touchent. II enest neuf sur dix, qui font la gageure d’enìeverun œuf, sans toucher à la fourche où il est posé.'Ainsi l’adresse de Guillaume Tell, perd de sonfabuleux, & n’en vaut que mieux.
II me semble , quelques commotions que lesSuisses se donnent intérieurement, que rien nepourra jamais altérer au-dehors les deux phy-sionomies , qui en font un peuple à part. L’es-prit militaire qui tient de la levée des milices.Cet esprit qui , pour des Paysans est un objetde lucre , un motif de voyage & d’éducation.Je vous prie de peser ceci. II n’y a pas loin d’unpeuple pasteur , à un peuple soldat. Dans toutesles Nations l’un fut en même tems l’autre. Rienne coûte à des pasteurs d’être miliciens. Leurconservation naturelle les porte à ce métier, &ils en ont l’efprit. Un chasseur qui n’est qu’unpâtre, est à demi soldat. Détendue des Com-munes , dispense le Paysan de s’occuper de sespâturages. II fait que son troupeau est en sûreté
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