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Tome I.
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29§ Lettres

m’entretenir. Je questionnoís'avec ces formulesde politesse qui ne coûtent rien, & qui font(passez-moi le mot) la dragée de la conversa-tion , & la font digérer doucement. J’ai eu lieutoujours lieu d etre satisfait, quand je m’y fuispris de cette manière. J’appuie fur ce point,parce qu’il me semble qu on doit être jalouxde tirer , de fes voyages , le parti le plus utilepour l’instruction, & la plus grande masse d’a-grément.

J’ai oublié de vous dire que, fur les Alpesqui pressent en long boyau le canton d’Uri , ontrouve des cristaux, du marbre noir, de l’ar-doife, des mines de fer, de plomb, & mêmed’argent. Le commerce consiste dans les chevaux& dans les troupeaux. Ces deux mercantiles fontde la plus grande importance : la France & l’Italieen tirent une quantité prodigieuse. II passe parjpur, sur cette route, cinq-cents chevaux. Ona supputé que , dans quatre mois , on exportevingt mille pièces de bétail. La route d’Italielaisse beaucoup d’argent dans le canton : je nevois pas l’ufage qu’on en fait. Le luxe y estinconnu ; on y porte très-loin l’indigence duvestiaire, des maisons, dont la plupart fontcouvertes de pierres. La table feroit sobre, stce n’étoit l’abondance du vin, du café, du sucre,des épices & des saucissons. Il est vrai que, hors