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le foin, il faut tout acheter ailleurs : il est en-core vrai que le propriétaire a des possessions,qu’il travaille peu, & beaucoup moins que dansles autres cantons : il perd son tems à la chasse& aux foires ; les femmes filent.
Lesté d'un ample dîner à Hosp'ual, j’ai es-caladé la montée escarpée du Saint-Gothard ,que partage la Reufs , & où elle tombe à temsinégaux, & s’empare souvent de toute l’éten-due. Si vous vouliez avoir une imagé du cahqs,venez ici. Vous verriez des amoncellemens depierres, des bases hors d’aplomb, des grouppesfans destin , & bisarres comme le cahos , delarges débris , & des carrières ouvertes. Vousverriez un pré caché dans un angle, des arbressortis des entrailles du roc ; là , une moussepourrie , plus haut le rocher plombé; à vospieds un chemin pavé de granit ; vous fou-leriez le cristal rouge, le cristal noir, l’ardoife,l’alun, le grenat, le marbre. C’est-là , c’est depuisSteik que ces richesses tentassent, & semblentperdre leur prix. Bientôt ce n’est plus qu’untorrent. Les vents enfin fe taisent, le silenceest profond, tout expire & meurt. La neigeémousse le pas des chevaux.
Il étoit nuit depuis plus d’une heure. MonGuide s’égaroit, & c’est avec peine que noussommes parvenus à l’Hospice des. Çapucins,