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Tome I.
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s u r l a Suisse.

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D I X-H UITIEME LETTRE.'

De Meyringuen la

J’AI vu à Zuumdorff, chez le Chapelain, dontTanticharabre étoit une boucherie, & où pen-doit un mouton qu’il venoit d’écorcher , unamas de cristaux qu’il vouloit me vendre aupoids du diamant, & qu’il conservoit très-mal.J’ai traversé le village de Réalp, & j’ai continuéma route, Il neigeoit, il faisoit chaud dans lemême temps. Point d’arbres ; personne, point debruit que celui de mille ruisseaux qui couloientdes sommets , & se jetoient dans les bas-fondsde la vallée. Je gravissois. Excédé de lassitude ,je me fuis jeté fur la pierre; mon Guide , austïbon latiniste que Cicéron , & plus leste quemoi, malgré ses cinquante-huit ans , a ouvertle sac cantinier, & m’a invité, en latin, àboire & à manger. J’ai bu, j’ai mangé , j’airenforcé la boisson , & je m’en suis mieuxtrouvé. Ce nouveau lejl m’a rendu toutesnies forces; &, en moins de cinq heures, j’étoisen présence de la Fourche ou Furca. Oh 1 quej’ai bien vite oublié mes fatigues ! oh ! qui merendra l’impression que j’ai sentie ? Oh ! si j’avoisTomes, Y

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