sur la Suisse; ^2$Vm entretient leur joie , & le billet noir ne leseffraye point. On leur a permis de former desbourses , dont le ptpduit sert à Tâchât du congéde celui qui refuse de servir l’Etat. II revientsouvent avec cent pistoles de bénéfice. La Suissene peut pas permettre Téchange de l’argent à laplace de l’homme, parce que fa population estmoins abondante que la nôtre ; mais, comme leMilicien n’est jamais soldat, il trouve une espècede compensation. Croyez-vous qu’une Milicelevée avec autant de ménagemens, doive êtreregardée comme un fléau des Monarchies. N’est-elle pas un impôt d’hommes, auffi léger que dansles Républiques. II est tel Milicien en France ,qui, comme dans la Suisse , a passé dans sesfoyers les huit années de son service.
Je dois vous faire part des réflexions que j’aifaites dans ma course. Elles font caractéristiques.Sans doute rien n’est aussi digne d'envie, aupremier coup d’œil, qu’un petit Etat où leshabitans font pasteurs, où tour-à-tour chacunpourroit tenir le timon de TEtat ; mais ce ta-bleau vu de plus près, perd fa magie. Depuisqu’il y a peu de Pasteurs au monde , & quecette classe, par une subversion singulière, estdescendue au dernier des degrés ; un Etatpeuplé de Pasteurs est au-dessous des autresRoyaumes, & ne peut avoir avec eux que des