sur la Suisse. 33 ïLe torrent s’enfle , emporte les travées : les arcsbien tenus restent, si les parapets étoient assu-jettis , ils auroient formé une écluse , le torrentauroit tout entraîné. De-là vient qu’en Suisseîes ponts en bois ne font point cloués. Ce st furf Aar , c’est fur la Reufs, c’est dans ces gouffres,où seau s’élance & tombe à coups redoublés,qu’il faut voir un pont hardi, admirer i’ouvrierqui le construisit, & qui le premier osa le fran-chir. Dans ces gorges solitaires, où Thommeappelleroit en vain un homme à son secours,îl est rare de trouver un Voyageur qui croisele Voyageur. Je n ai point eu le plaisir de larencontre.
Croiriez-vous que le Paysan & les Démocratesíùr-tout, pensent que les étrangers les corrom-pront un jour; ils ont raison. Mais je crois quele mal est déjà réel ; il a fait tous les progrèsque leur situation permettoit. Ils ont unluxe accommodé à leur manière. Le cassé estpris immodérément par tous les pâtres ; le tabacrâpé & à fumer est d un usage démesuré ; levin d’Alsace , bu avec excès ; l’eau-de vie, l’eaude cerise, les liqueurs, la canelle ^ le gérosle ,la noix muscade , tous ces objets qu on acheîtechèrement, sont d’une consommation journa-lière , & on pourroit s en passer. Voilà pour despaysans un luxe. 11s ont des maisons vastes,