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Tome II.
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sur í- a Suisse» ^9

pour gagner les voix , & pour devenir Mem-bre du Conseil. A Berne , on se sert des mêmesmoyens ; on fait des promesses de mariage , &on n’en rougit point. Vous pensez bien quetoutes les classes de Citoyens ne peuvent s’éle-ver jusqu’à la Magistrature : ainsi l’on est gou-verné par un nombre de familles , que les Pa-triciens n’ont garde de doubler , malgré lesinstances des Citoyens riches qui voudroientsortir de l’abjection dans laquelle ils font tenus;car on n’est rien , si l’on n’est du Conseil. Hfaut avoir atteint sage de vingt-neuf ans pourêtre éligible. Que devient la jeunesse jusqu àcette époque ? Elle s’abandonne à une incurietotale, & cède à la tyrannie de ses sens. Ellea des loisirs, de l’or , des facilités de se con-tenter ; elle s’écarte d’autant plus volontiersque mille exemples l’encouragent. Je pourroisla comparer aux nobles Polonois, qui, jusqu’atrente-cinq ans, se permettent tous les exces,& qui , avec ces préludes licencieux , vontensuite recevoir le Sacerdoce , ou voter àla Diette. Quelques observateurs ont attribuéI e relâchement des mœurs au désœuvrement& a la mauvaise éducation de la jeunesse quise desti ne à la Magistrature ; & ils ne se sontpoint trompés. Le service Militaire, auquel sedestinent les cadets, vient encore ajouter denouvelles preuves à ces observations.