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Tome II.
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2.8 Lettres

Romains savoiént où étoit déposé le produisannuel de l’impôt. Les Gaulois , aulîì-tôt qu ilseurent brûlé Rome, mirent à part, dans letrésor, le vingtième des revenus de l’Etat &des pays conquis. Mais la destination fut par-tout la même ; chacun voulut s’en servir pourattaquer, pour envahir, plutôt que pour se dé-fendre , & le verser utilement sur les Citoyens.Le Canton n’a point encore abusé du fien.

Le pouvoir Souverain est entre les mains duConseil des Deux-cents , dans lequel tous . lesautres Collèges font réunis. « Ce Conseil est» fixé à deux cent quatre-vingt-dix-neuf» Membres. On attend qu’il y ait au moins» quatre-vingts places vacantes pour procéder à» une nouvelle Election; &, dans cette attente,» il se passe environ huit à dix ans ». Ce videest permanent, & resserre d’autant l’Aristocra-tie. Les deux Avoyers qui président à tour,sont à vie, & forment le chef visible du'Aoa-verain. Ainsi rien n’y manque ; apparence &réalité. Toutes les places font -dévolues auxMembres du grand Conseil, qui roulent deBailliages en Bailliages. Un Bailli a un règnede six ans, pendant lesquels il peut épargnerenviron cent mille livres. Je vous renvoie àma Lettre fur la constitution de Soleure ; vousy avez déjà vu cet agiotage dont on se sert