Band 
Tome II.
Seite
56
JPEG-Download
 

56 Lettres

Dans le onzième siècle, lorsque les vassauxétoient obligés de vendre leurs biens , ou d’af-franchir leurs lerfs, pour en retirer un prixmodique, à peine suffisant aux dépenses follesdes voyages en terre sainte, & des croisades,la Suisse accréditait des opinions aufîi relativesau droit naturel, & de tous côtés on n’entendoitretentir que le bruit des chaînes brisées.

Fribourg, trop timide , n’osoit rompre les sien-nes; bien plus, elle s’exposoit à la vengeance desCantons affranchis, en venant au secours desDucs d’Autriche. Les guerres civiles du quin-zième siècle lui furent fatales. Pendant qu Al-bert perdoit, par son inconduitë & par sonavarice , le Canton de Fribourg, le Duc deSavoye annonçoit des prétentions qu on étoitpeu tenté d’attaquer. Les impôts exorbitansavoient soulevé la populace, & il étoit questionde dépouiller les plus riches, & de les obligerà supporter le fardeau des taxes. Ces murmuresfurent soutenus par une conspiration qui con-traignit la Régence d’implorer l’appui de Louis,Duc de Savoye.

Cette circonstance fut utile aux huit anciensCantons, parce que les Fribourgeois leur accor-dèrent des secours auxiliaires contre les Princesde la Maison d’Autriche. Cette haine , que leDuc de Savoye fomentait adroitement, auroit