6r Lettres
c’est le sort qui les nomme. Trois d’entr’eiixfont obligés de résider dans la ville, les autreshabitent dans les châteaux.
II ne vous reste maintenant, si vous voulezapprécier le peu de ressources que laisse auxCitoyens une Aristocratie aussi rigoureuse ,& aussi conscrite, que de compter le nombrede places qui font échues dans les Conseils »& celui des Bailliages, & de mettre ensuiteen regard le petit nombre de familles Patri-ciennes qui ont le droit d’être élues ; vousen conclurez que l'Aristocratie est absolumenthéréditaire , parce qu’elle roule toujours furun membre de chaque famille Patricienne, d’au-tant plus que deux parens ne peuvent passiéger à la fois ; ce qui donne plus de facilitépour revenir individuellement plus souventaux mêmes emplois. Vous pourrez en con-clure encore que, dans une semblable Aristo-cratie , le nom de citoyen devient un titreillusoire.
A Rome , les Consuls perdoient leur pouvoirà la fin de l’année ; ils redevenoient citoyens& soumis aux loix qu’ils avoient faites : ce quin’est pas dans une Aristocratie où TAvoyerrègne durant toute fa vie. Je ne prétends pointélever dans cette partie de leur administration ,les Romains au-dessus des Suisses. Les premiers
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