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Tome II.
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s u r t a Suisse. 127une étendue habitée & avivée. Point de grandsma gasins, beaucoup d’habitations. Dè petitstroupeaux, de petits chalets, de petits canton-Uemens, le bonheur, la tranquilité ; quel ta-^Eau ! Comme il vous rapproche de cet état denat ure , où l’homme a de quoi satisfaire à sesbesoins, & où il peut-être si content ! C’est là« faut voir le Colon ; c’est là où on ne ren-contre ni Seigneurs , ni Maîtres ; où le fol n’apoint encore été trop sillonné, par les pas con-tagieux des Voyageurs; c’est là où l’homme n’aJ a mais vu que ses égaux; c’est auprès de cespetits chalets , qu’on trouve l’homme ni fau-Vage, ni civilisé , humain, doux , hospitalier &ami. C’est là que j’aime à rencontrer l’homme.Ici la fille qui est demandée en mariage par legarçon, que le hasard fit naître à l’extrémité dela vallée , ne se repose point sur ses parens,pour connoître la conduite de celui qui la sol-licite de devenir sa femme ; elle part avec lui,elle va sous son escorte s’informer, voir parfes yeux , entendre de fes oreilles. Elle re-cueille elle-même le bien & le mal, & se dé-termine. Si 1a réputation de son ami est équi-voque ; elle rougit pour lui, & dit non. Et elledevient fous la garde de son Amant disgracié ,qui gémit, la protège, la suit & la respecte. Ellea -trive, il s’éloigne, elle n’a rien perdu dans son