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les Valaifans se rendirent maîtres de tout cequ’ils possèdent fur le lac de Genève. Leurstroubles intérieurs furent occasionnés par la ja-lousie , contre les Citoyens riches, & par l’am-bition de ceux-ci. Le fameux Cardinal de Sionn’y contribua pas peu. Ces désordres furentpoussés à un tel excès, qu’on ne connoissoitplus la Patrie. On s’avifa de la ressusciter , &on fe servit dune fiction qui auroit honoré lesRomains. On tailla une statue, qui fut nom-mée la Patrie. On lui donna deux Avocats quiplaidoient à des jours réglés le bien & le mal ,& qui en dénonçoient'ìes Auteurs. Quand l’ac-cusation étoit prouvée , on élevoit une massuede bois, & tous les défenseurs de la Patrie ypoíoient un clou en signe de rengagement pris,pour la défendre. On portoit ensuite cette mas-sue devant la porte du coupable , qui comptoitpar ses doigts le nombre de ses ennemis, & quiprenoit la fuite. Les défenseurs de la Patrie vi-voient à discrétion dans fa maison & pilloientses biens ; mais le peuple fans lisières, maîtrede donner à fa haine , le cours le plus ora-geux , envieux de l’opuíence d’autrui, féroce& bas , devoit abuser du nom de la Patrie ; ilen abusa si cruellement & sur des prétextes siJégets, que la statue de la Patrie fut brisée :