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Tome II.
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SUR LA 5 U.ï z S Es í6j^oppression & de calamité. La Religion vintconsoler les Peuples. Les tyrans ëtoient fuperf-ticieux ; ce fut un bonheur public. Ils resti-tUoient aux Eglises, ce qu’ils avoient ravi auxserfs ; les Eglises aumônoient les malheureux ,ses j Prêtres s’efforçoient d’adoucir la barbariedes Nobles. Pourquoi ont-ils fi promptementrenoncé à ce ministère pacificateur ? Les ri-chesses les corrompirent. Devenus grands Ter-riens , Princes , propriétaires des fiefs, ilsdominèrent à leur tour , & les autels furentdésertés. Telle est la gradation sensible detoutes les institutions, elles n’ont qu’un beaumoment.

II est temps que j’en vienne spécialement àla Suisse. Dans le onzième siécle , les inter-règnes & les troubles de i’Empire, la tyranniede la haute Noblesse firent naître ces confédé-rations multipliées, entre les Communes 5c lapetite Noblesse. On se ligua contre les grandsVassaux & contre le Clergé , & , ce qui n’est pasmoins singulier, on réclama la protection del’Empire contre des Nobles, qui tels grands qu’ilsfussent, n’étoient que des Vassaux que l’Em-pire auroit puni dans des tems plus heureux.Mais cette Germanie fut toujours, par ses divi-sions & par ses cercles, un monstre en poli-îiquy & en Gouvernement ; l’Empire se con-

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