Band 
Tome II.
Seite
176
JPEG-Download
 

176 Lettres

par exemple , qui fit un contre-poids. Maïs jeíurveillerois ce Sénat & je contre-balancerois àson tour son autorité. Je sais bien qu on est comtraint de donner aux Citoyens riches une pré-pondérance permanente. C’est un mal; mais il estnécessaire. Un homme riche a des possessions; &plus elles font étendues , & plus il est censé êtrelié cl la chose publique. Respublica : il n’y a pas d’au-tre raison de la préférence qu’on lui accorde.Tout les peuples se sont soumis à cette néces-sité , & la richesse a toujours prévalu. Quel plusgrand motif pour encourager l’industrie ? Jefuis toujours étonné , quand des Républicainsne font ni les plus industrieux, ni lès plus com-merçans de tous les peuples ; je connois tousles obstacles que îe Commerce ne peut sur-monter en Suisse ; mais je fais encore mieuxqu a Berne , à Fribourg, à Soleure, il pourroitavoir une allure plus vive. Je fais encore qu’ilest rare que l’efprit national ait eu égale ten-dance vers deux objets séparés. La classe mili-taire est trop nombreuse, l’individu s’y jette ausortir de l’enfance, & son énergie se tourne en-tièrement de ce côté : il faut bien que les au-tres parties languissent. II n’y a point en Suisseun superflu de population , qui pourroit fournirdes sujets en nombre égal aux Milices & au Com-merce. Les soldats manquent au fol, & il est

très-