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Tome II.
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n 6 Lettres

Je reviens à la phaîne des Glaciers. Le Moíl£Avicuìa, au voisinage du Saint-Goîhard , reçoisdans fies flancs un vallon de glace. La ceintureest est hérissée, rien n’y tempère la rigueur dufroid; malgré son aprêté, on n’a point substituéà un nom décevant une qualification caractéris-tique ; on le nomme encore le paradis. La tra-dition apprend ail Voyageur , qu en effet cevallon déchiré dans tous íes sens étoit abrité , fer-tile & protégé par une heureuse température»L’étranger ne venoit point troubler la paix donton y jouissoit , on ne s’éloignoit point de ceslieux tranquilles. On vivoit auprès de son ber-ceau , on trouvoit son dernier lit, non loin dulit marital. Ces teins ne font plus. Les chamoisont remplacé l’homme ; Quelques Bergers osentaffronter durant l’été les atteintes glaciales decette vallée. S’ils mettoíent quelque prix à lablancheur de leur teint, ils briseroient à leurretour le miroir qui les répète , noirs & jau-nâtres ; des lattes de pierre fans ciment & fansplâtreposées en gradins les unes fur les autres,ont bientôt formé les huttes hospitalières. LeSmoutons qui meurent sont les uniques alimensde ces Bergers ; de la farine, du sel & de l’eauchaude mêlés ensemble, composent une bouillie.Le résidu qui n’a pas pu filtrer à travers un drap& qu’on motte avec les mains , est le pain des