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Tome II.
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SUR L A $ U I S S E.' LZSque celui qui parioit dans fa cabane fe tait; ifcraint que fa voix ne procure un ébranlement.Toutes les cordes de l’air paroissent tendues;st craint de les vibrer. Dans quelques Cantons,c’est le vent du midi qui fouille avec impétuo-sité, fond & précipite des neiges : on éteint,tous les feux. Auprès d’Avers, les avalanches font,si affreuses, qu’on n’y suspend les cloches qu’àdeux pieds de terre ; les plus prudens n’enont point. Le Voyageur ne parle Hue par desgestes , il pose un pied monotone fur la neige ,& il absorbe autant qu il peut tous ses mouvemens.U remplit de foin les sonnettes de ses montures.Avant de s’engager, il va à la découverte. Vousdiriez qu’il va reconnoître un ennemi, fl tire uncoup'de pistolet , il interroge l’air : si les chan-terelles font élastiques & claires, si l’octave duson n’est point troublée par des çraquemens , ilprend courage , il élève fa voix , il respire Tair :il prête í’oreille. L’ouïe est pour lui, ce quela fonde est pour les Marins.

O vous Nation vive & légère , qui vous agiterfans motif & par la feule effervescence de vosesprits, qui parlez si bien, mais si inutilement,mais si haut, yous n’habiteriez point volontiersdans des lieux où il est loisible de penser, oùla pensée fe creuse sourdement une place dansle cerveau, où on ne dit que le nécessaire ! On