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prendre le pied de guerre dans l’espace desoixante ans.
Le temps a modifié ce qui alors pouvoit paroî-tre à Montécuculli la vérité; des institutions biencombinées peuvent concilier aujourd’hui ce queles arts de la paix ont à craindre d’un trop grandnombre d’hommes en état de milice perma-nente, et ce que la sûreté de l'État auroit à re-douter d’un trop grand nombre d’hommes en-tièrement étrangers aux armes.
Lui-même nous met sur le chemin de cesvérités nouvelles, dans ce qù’ii dit des exercicesde son temps.
« En retranchant des exercices le superflu,» on apprend mieux le nécessaire; il n’est pas» besoin qu’un soldat sache toute la tactique» d’Arrien, tous les coups de maître d’armes,» tous les tours de la pique et du mousquet, ni» tous les manèges du cheval, ni toutes les figures» de l’ordonnance des Grecs, les Rhombes, les» coins et les autres semblables : il suffit de sa-» voir celles qui sont simples, naturelles; plus» elles sont faciles, plus elles sont utiles. »
Avec des idées si saines sur la seule instructionnécessaire au soldat, il est facile d’interpréter etd’expliquer, d’une manière satisfaisante, ce qu’ildit de la nécessité d’une nombreuse armée per-