sur la Suisse. 239ttage de ses inconcevables fatigues. J’avois dumoins le déíir de voir, de me satisfaire, d’ap-prendre ; mais lui, il ne voyoit rien , & ne dé-íiroit que le repos ; il ne fentoit que ses dou-leurs. J’ai trop souvent tremblé pour lui. Onne doit prendre que les Guides qui ‘font unmétier de la conduite des Voyageurs , & dontla prudence & l’agilité font reconnues, Je neVous parle point de voleurs. Les Caravanes hel-vétiques , qui ressemblent parfaitement auxCaravanes patriarchales , ne font point atta-quées; elles ne craignent rien que la perfidiedu fol. L’homme qu on rencootreroit, feroit àcoup sûr un homme de bien. Celles du Levantfont composées de Marchands , dont Topuìencetente la cupidité des Arabes. Ayez moins deluxe , & vous ferez moins exposé à exciter l’en-vie & l’avaric-e. Ces deux vices font peu com-muns parmi les Suisses montagnards. Les voleurstrouveroient leurs prisons dans les gorges desAlpes, ils feroient bientôt investis & affamés.
Les paysans qui vont à la chasse au chamois,ou à la fouille des cristaux, fe réunissent vo-lontiers & fe précautionnent de longues.cordes.Elles fervent à retirer des fentes profondes desGlaciers, celui qui a le malheur d’y tomber.Dans les pas les plus dangereux , ils Rattachentau nombre de trois & de quatre, même de six,