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II est incontestable que l’esprit guerrier ne soiftrès-nuisible ; mais il est vrai qu il sert beaucoupâ connoître les pays qu’on veut garder, cou-vrir, & ceux qu’on se propose d’envahir. Sans lesguerres, il est douteux que la Topographie eûtété perfectionnée. II est certain que c’est à nosguerres civiles , aux Protestans , & sur-tout àColigni, que la France doit sa Carte & sa Géo-graphie. No$ routes étoient mieux connues kGenève, en Suisse , en, Allemagn^, qu’à Paris*Je dois ajouter, que fi nous devons la connois*fiance d’un pays à l’esprit des conquêtes, nousdevons la beauté des routes à l’eíprit ducommerce ; là où vous ne verrez, commeen Suisse , que des voies scabreuses , vous emconcluerez qu’il n’y a point ou que très-peude commerce*
Vous connoissez les Caravanes, qui del’Egy pteVont fur la rivière de Cambie, ou dans la Tar-tarie ; on va de même dans les contrées gla-ciales de la Suisse. J’étois seul & je traînois ertescorte un Domestique & deux Guides. TroisVoyageurs ont toujours une fuite de dix per-sonnes. On ne fient que trop vivement le be-soin de vivre en troupe. Mais je me fuis pro-mis de ne mener jamais là où ma curiosité com-promettra mes jours, un Domestique peu exercéà de pareilles courses, & que rien ne dé dom-
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