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Tome II.
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zç )0 Lettres ;

íìrs. Rome consacra les Oies qui sauvèrent laRépublique. Sibaris chassa les Oies de la ville ,parce qu elles troubloient le sommeil des Siba-rites. Les Monarchies respectent les grands Guer-riers ; les Républiques, les bons Magistrats.L’opinion vient au secours de chacune, & flattel’orgueil de toutes.

11 faut bien que cet orgueil existe, puisquechacune veut se procurer une prééminence.J’ai observé que chaque Nation ( pat hazardsans doute) se donne des vertus d’oppofition,pour se marquer davantage dans le grand tableaudu Monde. Une Nation sobre est à côté d’uneNation voluptueuse. Ici le génie est guerrier, làil est commerçant; ici populaire, ailleurs aristo-cratique. S’il y avoit réellement un bon gou-vernement , y verroit-on ces oppositions? Lavérité est - elle impossible à trouver fur unpoint auffi important ? Si la Démocratie popu-laire est le moins mauvais de tous, pourquoil’univers n’est-il point démocratique ? si la Monar-chie convient le mieux , pourquoi la Monarchien’est-elle pas universelle? pourquoi des Etatssi vastes , d’autres si petits ? pourquoi 3a morale,la politique parlent - elles tant de langages ?Les Eoliens chantoient f amour & les plai-sirs; les Cynéthiens se faisoient une vertu deleur féroce ignorance. Pourquoi Agamemnon