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Tome II.
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chroniques qui désolent les habitans des Villes.On n’y volt pas non plus ces épuisemens cau-sés par la pauvreté & par le manque de bonnenourriture. La Suisse n’est jamais réduite à ce der-nier degré d’indigence. Les Montagnards viventavec du lait & des pommes de terre. Ceux-làn’ont point les fibres sensibles & délicates ; ilssont si robustes, que M. Visio t assure qu il fautpour les purger jufqu’à vingt-quatre grains d’an-timoine , tandis que deux grains suffisent pourempoisonner des hommes ordinaires.

La classe la plus nombreuse est celle des Pas-teurs, qui est la plus faine & la plus tempérante,& qui, dans tous les pays , est moins sujette à desmaladies. La nourriture du Pasteur est sobre.L’assaisonnement de ses mets se réduit à dupoivre & à des épiceries. La privation de laviande tourne au profit de fa santé. Ses tra-vaux l’éloignent de fa cabane au point du jour; ily rentre tard. 11 va respirer le frais du matin ;le baume des sieurs, végéter comme une plantesous les rayons du soleil ; les vents agitentl’air qui l’environne, il se promène dans unatmosphère pur & délié; le mouvement qu’ilest obligé de se donner, double ses forces. Lecorps agit fans excès. L’esprit repose , point oupeu d’inquiétudes morales. Un Médecin des Papesa dit : qu 'ìl.ejl inipojjible que des Courtisans se por-