sur la Suisse. 30sA multiplié les ordonnances ; son Code estun des plus sages & le plus suivi. Le mal-heur des tems , la nécessité sentie de remé-dier à des désordres affreux , l’obligèrent dedicter des loix propres à prévenir & à répri-mer tous les excès. Car, comme ont dit DeThou, Montagne & Du Vair, c’est du désor-dre que s’engendrent les bons réglemens. Ainsi ,fans en savoir gré à Caligula & à Henri III, onpeut jouir de leur travail ne point être étonnés’ils ont quelquefois été occupés du bien public.Un tyran qui veut vivre & régner , doit s’enoccuper quelquefois. II faut l’affimiler à cesbêtes venimeuses qui portent avec elles l’anti-dote de leur poison, qui les tient en équili-bre, & sans lequel elles mourroient : jouissonsdu Droit romain, fans en rendre grâce aux Em-pereurs, sinon à ces Légistes dont le nom n estpas assez connu; qui ont vécu dans la misère,& dont quelques-uns , comme Ulpien, ont tra-vaillé en fous-ordre à cet édifice utile.
Ce n’est pas que je n’aimâsse mieux un Droitcoutumier, des Loix municipales, qui pourroientêtre assez sages pour convenir aux peuples. Vousconcevez que je ne viens point rien reprocher auCoutumier du pays de Vaud& de la Suisse; on aimeà le parcourir ; on sent, à chaque page, que c’estle Peuple lui-même qui parle, qui se dicte des