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travail et le coordonner dans toutes ses parties sur unpïan générai 5 eïies ont détermine la méthode que nousavons suivie. Comme nous avons dû nous mettre àl’œuvre pendant que l’on procédait encore, notre rapportsera en quelque sorte ie journal de l’instruction.
Nous vous devons ie récit exact des faits qui sontétablis, avec plus ou moins d’évidence, par les divers do-cuments dont l’instruction se compose. En développantces faits, nous indiquerons soigneusement ïes tracesqu’ils ont laissées après eux ; nous rappellerons les dé-positions de ceux qui en ont été les témoins, ou qui,sans avoir vu le fait en lui-même, ont pu voir les cir-constances qui l’ont précédé, accompagné ou suivi; enun mot, nous vous présenterons tous les éléments de laprocédure.
Vous les pèserez dans votre conscience ; votre convic-tion naîtra d’un mûr examen : elle qualifiera ïes faits etréglera votre compétence; elle appréciera la part appa-rente que chacun des inculpés a probablement prise aucrime, et prononcera sur l’accusation.
Avant tout, nous tâcherons, Messieurs, d’être narra-teurs fidèles. En analysant les interrogatoires des préve-nus et les dépositions des témoins, nous nous efforce-rons d’en conserver le caractère, et nous reproduironsces paroles pleines de mouvement et de vie ou em-preintes d’originalité qui laissent lire, sans milieu, dansl’âme des interlocuteurs : car d’un mot, échappé à la
plénitude du cœur, jaillit quelquefois une vive lumière,et la naïveté de son langage recommande souvent la vé-racité d’un témoin qui ne se souvient qu’à demi, tandisque les souvenirs trop complets et le récit circonstanciéd’un autre inspirent moins de confiance et commandentun examen plus scrupuleux.