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Attentat du 28 juilliet 1835 : rapport fait à la Cour / par M. le Comte Portalis
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et ïes haines politiques, elle eût pour résultat den pré-server lavenir; soit quen démontrant que le forfaitdu 28 juillet, œuvre solitaire de la frénésie dun scélérat,navait rien de symptomatique, elle le réduisît à lasimple apparition dun de ces phénomènes effrayantsqui viennent, de temps à autre, humilier notre orgueil,en reculant ïes bornes de la perversité humaine.

Rien na été négligé ni omis dans un si grand intérêt.On sentait, sans doute, combien une prompte justicepouvait être utile; mais les inconvénients dune ins-truction incomplète et dun jugement précipité nétaientpas moins manifestes. En matière de crimes dEtat,quand on envisage la tranquillité publique troublée, leslois foulées aux pieds, les intérêts et la sûreté de tousen péril, il semble que la justice ne peut être rendueavec trop de célérité, tant il paraît urgent, dans lintérêtcommun, que le châtiment suive de près une si graveoffense. Mais quand on vient à penser aux soupçonsinquiets, aux craintes vagues qui semparent de lasociété tout entière ; aux dangers dune occasion sifacile donnée à lesprit de parti demprunter le voiledun faux zèle; pour compromettre ou accabler ses en-nemis; enfin, à la timidité, à lhésitation, ou même à lafausse délicatesse qui semparent trop souvent de ceuxqui savent ou qui ont vu, et qui seuls peuvent rendretémoignage à la vérité, on reconnaît quune sage lenteurnest pas moins recommandée au nom de linnocence etde la justice. Cest en présence de ces hautes considéra-tions; cest en cherchant à maîtriser la douleur et àcontenir lindignation, dont tous les bons Français ontété saisis à laspect dun crime qui accumule tant decrimes en un seul, quil a été procédé.

Les circonstances ne nous ont pas permis dattendreque la procédure fût complète pour commencer notre