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et ïes haines politiques, elle eût pour résultat d’en pré-server l’avenir; soit qu’en démontrant que le forfaitdu 28 juillet, œuvre solitaire de la frénésie d’un scélérat,n’avait rien de symptomatique, elle le réduisît à lasimple apparition d’un de ces phénomènes effrayantsqui viennent, de temps à autre, humilier notre orgueil,en reculant ïes bornes de la perversité humaine.
Rien n’a été négligé ni omis dans un si grand intérêt.On sentait, sans doute, combien une prompte justicepouvait être utile; mais les inconvénients d’une ins-truction incomplète et d’un jugement précipité n’étaientpas moins manifestes. En matière de crimes d’Etat,quand on envisage la tranquillité publique troublée, leslois foulées aux pieds, les intérêts et la sûreté de tousen péril, il semble que la justice ne peut être rendueavec trop de célérité, tant il paraît urgent, dans l’intérêtcommun, que le châtiment suive de près une si graveoffense. Mais quand on vient à penser aux soupçonsinquiets, aux craintes vagues qui s’emparent de lasociété tout entière ; aux dangers d’une occasion sifacile donnée à l’esprit de parti d’emprunter le voiled’un faux zèle; pour compromettre ou accabler ses en-nemis; enfin, à la timidité, à l’hésitation, ou même à lafausse délicatesse qui s’emparent trop souvent de ceuxqui savent ou qui ont vu, et qui seuls peuvent rendretémoignage à la vérité, on reconnaît qu’une sage lenteurn’est pas moins recommandée au nom de l’innocence etde la justice. C’est en présence de ces hautes considéra-tions; c’est en cherchant à maîtriser la douleur et àcontenir l’indignation, dont tous les bons Français ontété saisis à l’aspect d’un crime qui accumule tant decrimes en un seul, qu’il a été procédé.
Les circonstances ne nous ont pas permis d’attendreque la procédure fût complète pour commencer notre