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fenêtres ; l’une, donnant comme les précédentes sur letoit du café des Mille-Colonnes f est oblique au boule-vart, l’autre s’ouvre directement sur le boulevart, enface du Jardin Turc; toutes les deux étaient garnies dejalousies. C’était là nécessairement le lieu et le repairedu crime.
Un nuage d’une fumée dense, exhalant une forteodeur de poudre, empêcha d’abord d’avoir une vuedistincte des objets. Malgré la chaleur de la saison, dujour, de l’heure de la journée, un feu très-ardent brû-lait dans la cheminée; de la paille enflammée, un tisonfumant et embrasé, gisaient sur le plancher, près d’unciseau, d’une gouge, d’un vilbrequin, d’une vrille, d’unéclat de fer. Le sol, couvert de morceaux de verre, defragments de canons de fusils, était souillé d’un sangfluide et fraîchement répandu. Dans un endroit voisindu mur, et près de la porte, une mare de sang en caillotssemblait indiquer qu’un homme grièvement blessé yétait tombé. Là se trouvait un bougeoir en cuivre, garnid’une chandelle récemment éteinte. Les vitres étaientbrisées, le châssis de la jalousie, dépendant de la fenêtrequi donnait sur le boulevart, démonté; cette jalousie, vio-lemment arrachée; plusieurs de ses lames, éparses çà etlà, circulairemcntperforées. Une large traînée sanglante,longue de six pieds, souillait le papier de tenture,déchirésur plusieurs points, où le mur mis à nu portait l’em-preinte des balles, des éclats de canon de fusil, et mêmedes vis qui l’avaient récemment endommagé.
Devant la fenêtre, un bâtis en bois de chêne , de troispieds et demi de hauteur, s’élevait sur quatre montantsou chevrons à vis, munis de sept traverses. Les traversesétaient de grosseurs différentes;-lesplus rapprochées dela croisée se trouvaient de moindre proportion. La plus