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haute de toutes, qui était placée derrière, sans être pré-cisément mobile, pouvait, au moyen des vis qui ia rete-naient , s’élever ou s’abaisser à volonté, selon la directionqu’on voulait imprimer à la machine. En ce moment,elle était posée obliquement à la croisée, de manière àfaire face au cortège du Roi, venant de la porte Saint-Martin et se dirigeant vers la place de la Bastille. D’uncoté, la machine n’était qu’à un pouce du mur, de l’autre,elle en était distante de douze à quatorze pouces. Elleavait supporté vingt-quatre canons de fusils, disposésen plan incliné vers le bouïevart : l’inclinaison ou ladéclivité était de neuf à dix pouces. Ces canons de fusilssemblaient avoir été fixés sur le bâtis à l’aide de deuxbandes de fer, retenues à leurs extrémités par des vis ; ilsreposaient sur deux traverses crénelées. Les créneaux,au nombre de vingt-cinq ou de vingt-quatre (nous re-produisons ici les variations des témoins oculaires, de-puis rectifiées par l’examen que nous avons fait nous-mêmes de la machine), étaient distants l’un de l’autre dequatre à six lignes. Sur chacun de ces créneaux étaitadapté un canon de fusil, attaché par une corde neuvede la grosseur du petit doigt. La culasse des canons re-posait sur la traverse la plus élevée.
Douze , quinze ou seize canons, fumants, brûlants,ensanglantés, étaient encore dans leurs embrasures :quatre f cinq, six y crevés au tonnerre ou éclatés vers laculasse, étaient à terre, fracassés. Deux n’avaient pas faitfeu; quelques témoins avaient dit trois. On en a trouvéun autre dans une armoire et sous de la paille ; il paraîtn’avoir pas été employé. Deux des canons crevés au ton-nerre contenaient encore'une partie considérable de leurcharge. Ce lieu de désolation était désert.
Nous devons noter ici une circonstance remarquable^