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couru, somma le fugitif de se rendre, et le menaçade tirer sur lui s’il s’y refusait 1 . Celui-ci, sans se de'con-certer, écartant de sa main droite (car sa main gaucheétait blessée) le voile de sang qui se répandait sanscesse sur ses yeux, après avoir tenté vainement depénétrer dans le magasin du sieur Chimene ^, mar-chand de rubans, dont la fenêtre était la première quise présentait à lui sur le toit, gagna celle de la cuisinedu même appartement, et posant scs deux mains surl’appui de pierre de cette fenêtre qui était ouverte,sauta, en se retournant, dans cette pièce.
La dame Gômez , belle - sœur du sieur Chimene fdont elle soignait les enfants, en l’absence de leur mère,effrayée par l’explosion, venait d’abandonner à l’ins-tant la croisée, d’où elle assistait à la revue, pour seréfugier dans la cuisine. En s’avançant vers cettepièce qui s’ouvrait, sur le couloir d’entrée, par uneporte vitrée, la dame Gomez aperçut un,homme touten sang qui s’y élançait par la fenêtre. Eperdue à cespectacle, elle se précipita, échevelée, vers la porte del’appartement, en jetant des cris et appelant au se-cours; le fuyard bâta sa marche, poussa rudementla dame Gomez et lui dit : laissez-moi passer , enessuyant le sang qui l’aveuglait et l’empêchait de diri-ger ses pas. II descendit rapidement l’escalier : partout,après lui, des traces de sang indiquaient son passage ;mais il arriva trop tard dans la cour pour pouvoir s’en-fuir. Un garde national veillait sur l’issue de la maisondu côté de la rue des Fossés-du-Tempïe, le capitaineBocpiet avait les yeux sur l’autre issue : un agent de
1 Déposition de Mongin, 6 août.
5 Déposition de Solvet, 3 août; déposition de la veuve Gomez, 8 août; Déposi-tion de Çhimène, 8 août; déposition de M. Bcssas-Lamcgic 4 août.
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