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était mieux, il parlait librement : il déclara qu’il senommait Joseph-François Girard, et non plus Jacques ;qu’il était âgé de 39 ans, mécanicien de profession, etqu’il demeurait à Paris, boulevart du Temple, n° 50.Le juge lui ayant représenté l’énormité de soncrime, Girard s’écria : Je suis un malheureux! je
suis un misérable je ne puis rien espérer! .
je puis rendre service........ nous verrons . j’ai du
regret de l’avoir fait! M. le Garde des sceaux étaitprésent, et joignit ses exhortations à celles du juge,pour engager le prévenu à dire toute la vérité. Le pré-venu ne répondit à ces interpellations diverses et mul-tipliées que par ces paroles entrecoupées, et par d’autres
semblables: J’arrêterai peut-être quelque chose . je
ne nommerai personne . je ne vendrai personne .
mon crime a été plus fort que ma t'aison...,. Comme onlui demanda si les publications politiques, si les jour-naux n’avaient pas contribué à égarer son esprit et àl’exciter au crime, il répondit d’abord : pas trop. Parréflexion il ajouta : oui. Ensuite il dit avoir été fanatisé.H parla des événements de la rue Transnonain et deceux de Lyon.
La Cour des Pairs ayant été saisie de l’affaire, l’in-terrogatoire de Girard ne fut plus repris que parM. le Président.
H était maintenant certain que Girard habitait lamaison d’oii il s’était évadé, et qu’il était dans lachambre où se trouvait la machine au moment ou l’at-tentat avait été commis; mais les premiers éléments dela procédure autorisaient-ils a penser que Girard étaitseul dans cette chambre, et qu’il avait commis le crimesans l’assistance actuelle d’aucun autre ?