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Le témoignage spontané d’un homme digne de foisemblait établir le contraire; d’autres témoins affir-maient avoir vu deux hommes se glisser le long 1 de lacorde qui avait servi à l’évasion de Girard. On parlaitd’un second individu aperçu sur le toit par lequel Girardavait passé : d’un plus grand nombre encore qui, aumoment de l’explosion, se seraient échappés dans la ruedes Fossés-du-Temple par la porte de la maison n° 39,laquelle, comme vous savez déjà, est jointe à la mai-son n° 50 du boulevart du Temple et peut communi-quer avec elle. On pariait encore de plusieurs per-sonnes qui s’étaient sauvées en escaladant la clôture dedivers chantiers de bois à brûler situés dans la mômedirection ; enfin d’un homme blessé à la cuisse, qui étaitailé se faire mystérieusement panser dans la rue desFossés-du-Temple, qu’on avait ensuite porté à l’hôpi-tal Saint-Louis et qui avait donné une fausse adresse.
Ces indices méritaient attention et commandaient desrecherches appr ofondies : nous vous devons un détailcirconstancié de leur résultat.
Le 28 juillet, au moment où le Roi arrivait sur leboulevart du Temple, le sieur Martin, entrepreneurde bâtiments, venait de l’extrémité de la rue Chariotoù il avait déjeuné chez le traiteur Bonvalet, et sedirigeait vers le Jardin Turc. Quand il se trouva surle boulevart, en face de la maison n° 50, il se souvintqu’un peintre en décors, nommé Beaudon, qu’il em-ployait quelquefois, y était logé, et il fut assailli d’undésir vague d’aller lui demander une place à la fenêtrede son escalier qui donnait sur le boulevart, afin devoir plus commodément passer la revue.
Pour y parvenir, il pria un garde national, de ceux