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Fieschi fut mis en liberté après l’expiration de sapeine, ïe 2 septembre 1826 1 . U partit d’Embrun pourse rendre à Vienne et y travailler de son état. II fautcependant qu’il y soit demeuré bien peu de temps,puisqu’après avoir travaillé environ deux mois dansîa fabrique de ViHeneuvette, près de Lodève, iï ensortit le 29 novembre 1826.
Fieschi fut renvoyé de cette manufacture parce qu’onavait appris qu’il était récemment sorti de la maisoncentrale de détention d’Embrun. II se fit remarquer deses camarades par l’ostentation de^sa passion pour unefemme, qu’il disait se nommer Emilie, dont il mon-trait des lettres et le portrait qu’il ne quittait jamais.Il disait qu’elle était recluse pour l’amour de lui, etqu’il n’avait jamais pu îa voir qu’à travers les grilles etles barreaux. C’était évidemment une allusion à scsrelations avec Laurence Petit , qu’il dég uisait sous plu-sieurs noms, comme il sut plus tard se déguiser lui-même.
Ouvrier peu laborieux, il raisonnait très-pertinem-ment et d’une manière supérieure à sa condition, écri-vait avec facilité, et se montrait chaud partisan deNapoléon, dont il parlait toujours avec enthousiasme,mais sans haine pour la maison de Bourbon. En par-tant de ViHeneuvette, il y laissa des dettes; il passa quel-ques jours à Clermont, près Lodève, et de là il allatravailler à Lodève même 2 . Il paraît que, ïe 28 décembre1826, il était employé, comme fabricant de peignes, dansla manufacture de draps de MM. Vitalis et Pagure. Làaussi il parlait de ses amours. Une jeune personne, qu’il
1 Lettre du directeur de la maison centrale d’Embrun, 19 septembre.
Déposition de M. Maistre, 4 septembre; de Benecke, id. ; de Granier, id.; de laveuve Albands, id.; de F lavas, id. ; de M. Hercuie Maistre, 19 août.
Rappob
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