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sur le Irène; que cette prophétie se réaliserait tôt ou tard; que Ficschi n’avaitetc qu’un instrument; que, d’ailleurs, il n’était pas seul dans sa chambre au mo-ment de l’explosion; que ce n’était pas lui qui avait mis le feu à la machine, etqu’il ne manquait pas de gens armés qui devaient s’élancer sur le Roi, de la maisonoù logeait Ficschi, si l’attentat avait réussi. Villiers de l’Ile-Adam ajoutaqu’il tenait ces détails de l’un de ses amis, qu’il refusa de nominer.il refusaégalement de nommer la personne à laquelle était adressée la lettre dont lebrouillon avait été saisi sur lui, et qu’il a reconnue comme étant écrite tout aulong de sa main. Enfin, Villiers de tlle-Adam avoua qu’il avait dit à quivoulait l’entendre, qu’il avait résolu de faire au Roi tout le mal qu’il pourrait.Un mandat de dépôt fut immédiatemnt décerné contre lui par le magistratqui l’avait interrogé.
Cependant des renseignements avaient été’ recueillis de toutes parts sur lecompte de ce personnage, qui montrait un empressement si extraordinaire àse dénoncer lui-même ; il est résulté de ces renseignements que Villiers deIl Ile-Adam, né de parents honorables dont il a causé le désespoir par son in-conduite, après avoir subi plusieurs condamnations pour des délits malheu-reusement trop avérés, s’était souvent accusé de crimes imaginaires; que cetteconduite était de sa part le résultat d’une habitude et d’un système,; quedès son jeune âge il avait montré un esprit d’intrigue très - remarquable ;qu’en 1810, à peine âgé de 15 ans, il avait commencé le cours de ses ré-vélations, en dénonçant de prétendus complices de Georges Cadoudal; et,que toutes les fois qu’il avait épuisé ses modiques ressources, il ne manquaitpas d’inventer une conjuration dont il se disait, suivant l’occurrence, leconfident ou même le complice, dans l’espoir, sans doute, d’intéresser à sousort le pouvoir préservé d’un grand danger par ses avertissements ollicieux.Des antécédents si peu honorables ne pouvaient inspirer de confiance, etil était probable que cette fois encore, Villiers de -Vile-d’Adam avait ima-giné une fable et qu’il voulait imposer à la justice: en effet, aucun mandatn’avait été décerné contre lui, ainsi qu’il l’avait prétendu, par la Commissiond’instruction de la Cour des Pairs, et depuis son arrestation, aucun indice nel’a rattaché directement ou indirectement à l’attentat du 28 juillet.
Dans ces circonstances, le procureur général du Roi a requis, et laCommission nommée par l’arrêt du 29 juillet a ordonné la mise en liberté-de Villiers de l’Ile-Adam.