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Tome second.
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46 LIVRE V. TRAVAUX ET FONCTIONS

autre espèce de valeurs que nous parvenons h fixer dans lesobjets matériels. Il ne suffit pas en effet, pour produire cel-les-ci, de posséder des ateliers, des outils, des machines, desdenrées, des monnaies : il faut des forces, delà santé, dela science, du goût, de l’imagination, de bonnes habitudesmorales, et les hommes qui travaillent à la création ou auperfectionnement de ces produits, peuvent à juste titre êtreconsidérés comme producteurs des richesses improprementdites matérielles, tout aussi bien que ceux qui travaillentdirectement a les créer. Il est sensible, en un mot, que siune nation accroît son capital en étendant ses cultures, enaméliorant ses terres, en perfectionnant ses usines, ses ins-truments, ses bestiaux, elle l’accroît, à plus forte raison, ense perfectionnant elle-même, elle qui est la force par excel-lence, la force qui dirige et fait valoir toutes les autres.

Il est d’autant plus étrange qu’on ne veuille pas recon-naître aux nombreuses classes d’ouvriers qui travaillent àl’éducation du genre humain le caractère de travailleurs pro-ductifs, que les économistes qui leur refusent ce titre d’uncôté le leur accordent presque tous d’un autre. C’est ainsiqu’Àdam Smith, après avoir dit, dans les passages de son livreque nous avons cités plus haut, que les gens de lettres, lessavants et autres personnes semblables, sont des ouvriersdont le travail ne produit rien, dit expressément ailleurs queles talents utiles acquis par les membres de la société (talentsqui n’ont pu être acquis qu’a l’aide de ces hommes qu’il ap-pelle des travailleurs improductifs), sont un produit fixé etréalisé pour ainsi dire dans les personnes qui les possèdent,et forment une partie essentielle du fonds général de la so-ciété, une partie de son capital fixe (*). C’est ainsi que J.-B. Say,

(') 'Richesse des nations , liv. II, ch. 1.