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LIVRE V. TRAVAUX ET FONCTIONS
fonds sur lequel agissent les travailleurs dont il s’agit ici,n’est pas plus aisé à connaître, à régler, à épuiser, que les di-vers sujets sur lesquels agissent les travailleurs de toutesles autres classes. A la vérité, leur tâche, comme celle detoutes les industries, devient graduellement plus aisée; maisnous n’avons aucun sujet de penser qu’elle sera un jourinutile, et par conséquent il n’y a pas plus lieu de ne lesadmettre dans la société que provisoirement, que d’y ad-mettre d’autres classes de travailleurs d’une façon purementprovisoire.
Qu’il me soit permis, en teuminant ceci, de faire remar-quer la lente gradation avec laquelle les idées se développentet la peine que la science éprouve à se former.
D’abord les hommes d’aucune classe n’étaient pour riendans la création des biens de ce monde ; la richesse était undon du ciel, existant dans la société de toutes pièces, y exis-tant de toute éternité, passant des mains des uns dans cellesdes autres, se distribuant dans les proportions les plus iné-gales et les plus variées, mais n’éprouvant d’ailleurs aucunealtération dans sa masse et n’étant susceptible ni d’augmen-tation, ni de diminution.
Arrive la secte des économistes, qui, frappée de la forcevégétative du sol, reconnaît aux hommes qui sollicitent cetteforce, aux agriculteurs, le pouvoir d’accroître la masse desrichesses, mais qui refuse ce pouvoir à toutes les autresclasses de la société.
Plus tard, on étend la même puissance de produire auxhommes qui font subir d’utiles transformations aux maté-riaux fournis par l’agriculture, aux manufacturiers, maissans l’accorder encore à ceux qui font subir aux choses desdéplacements avantageux, aux agents du commerce : on dé-