Qu’embrasse la société industrielle. 21
moins grande de notions, de connaissances, de talents, d’ap-titudes, d’habitudes, etc. Mais quant aux utilités que les unsfixent dans les choses, et a celles que les autres réalisentdans les hommes, ce sont également des utilités; ceux quiles produisent sont également des producteurs, et il fautdire, en parlant des uns et des autres, qu’ils concourent tous,chacun à leur façon, à accroître les pouvoirs de l’espèce hu-maine, à la mettre en possession de quelque moyen particu-lier de force et de liberté d’action.
Ainsi il y a a faire entrer dans la société plusieurs classesd’individus que les économistes n’y ont pas encore admises,ou qu’ils n’y ont pas admis h leur vrai titre, ou qu’ils n’y ontadmis en quelque sorte que temporairement. Smith nie queles officiers civils et militaires, les ecclésiastiques, les gensde loi, les médecins, les gens de lettres, les comédiens, lesartistes de toute sorte soient des producteurs : on vient devoir qu’ils le sont, ou du moins qu’ils le peuvent être.—M. Say, en les tenant pour producteurs, dit qu’il est de la na-ture de leurs produits de s’évanouir en se produisant, de nepouvoir s’accumuler, de ne rien ajouter a la richesse sociale :on vient de voir au contraire que leurs produits se conser-vent, qu’ils s’accumulent, et qu’ils contribuent à l’accroisse-ment du capital social autant qu’aucune autre espèce de va-leurs. — D’autres écrivains veulent que certains de ces tra-vailleurs, notamment les magistrats et les agents de la forcepublique, ne soient destinés à figurer dans la société que pourun temps, observant que la nécessité de leurs services se faitde moins en moins sentir, et que leur importance socialesuit une marche décroissante (') : il y a à répondre que le
(') C’était une doctrine que soutenait le Censeur européen, et qu’a-près lui, un autre Recueil, le Producteur, avait reproduite.