48 LIVRE VI. CONDITIONS AUXQUELLES
sance et le libre exercice de toutes les professions dépend, auplus haut degré, comme nous le verrons, de la perfection desunes et des autres. Je mets le plus grand soin à les noter.
Enfin, en dehors de ces divers ordres de facultés que letravail a fait naître dans les hommes, et qui forment en quel-que sorte le capital intellectuel et moral de la société , sonfonds de facultés personnelles, j’aperçois une multitude d’u-tilités, de forces, de leviers, de puissances, qu’il est parvenu àfixer dans les choses, et qui forment, si l’on veut, son ca-pital réel ou matériel.
Dans cette partie de son fonds général, je vois des routes,des canaux, des cours d’eau, des terres labourées, des clô-tures, des constructions, des bâtiments, des machines, des ou-tils, des matières premières, des denrées, des monnaies, etc.
Tout cela, diversement aggloméré, forme des multitudesd’établissements, d’ateliers de travail; et, en observant trèsattentivement ces ateliers, je remarque que, pour qu’ils soientvéritablement propres a leur destination, il est essentiel qu’ilssoient — bien situés, —bien organisés, —que le travail ysoit habilement réparti, — et qu’ils soient pourvus d’un bonchoix et d’une quantité suffisante d’ustensiles, de matièrespremières et de provisions de diverses sortes.
Telles sont les décompositions dont me paraît susceptiblece fonds général de la société, où se trouvent en dépôt toutesnos facultés et toutes nos ressources. Voilà les divers élé-ments de puissance que j’y aperçois. Je vais consacrer le restede ce chapitre à montrer comment ces éléments agissent, etcomment chacun d’eux contribue à la liberté de l’industrie engénéral. Il y en a, dans le nombre, dont on a souvent exposél’influence, et dont je parlerai très brièvement. Il y en a d’au-tres dont le rôle n’a pas été décrit, et sur lesquels j’appuieraidavantage. Puis, dans les livres et les chapitres qui suivront