TOUTE INDUSTRIE PEUT ÊTRÊ LIBRE. 49
celui-ci, je chercherai comment tous ces moyens d’actions’appliquent en particulier a chaque ordre de travaux. Matâche, qui a été quelquefois nouvelle, le sera davantage alors,et elle le deviendra surtout lorsque j’aurai à montrer com-ment les divers agents de la production sont mis en œuvrepar les arts qui agissent directement sur l’homme.
Parlons d’abord des moyens que le travail a développésdans les travailleurs, et, avant tout, voyons ce qu’il puise deforce dans les facultés que j’ai réunies sous le nom de talentou de génie des affaires.
Nécessité de connaître l’état de la demande. La premièrechose dont tout homme industrieux ait besoin pour agir d’unemanière fructueuse, c’est de savoir ce qu’il est possible defaire avec avantage, et de connaître les besoins de la sociétépour laquelle il entreprend de travailler. Je sais que ceci estdifficile, que les besoins de la société sont sujets à varier, quecelui qui les connaît le mieux aurait souvent grande peine àconnaître le nombre et les moyens des concurrents qui tra-vaillent avec lui à les satisfaire, et que, par conséquent, il esttrès rare qu’il puisse savoir au juste dans quelle direction ildoit s’étendre et dans quelles limites il lui convient de se ren-fermer. Mais ce genre d’instruction, pour être d’une acqui-sition difficile, n’est pas pour cela moins indispensable. Qu’onsoit agriculteur, fabricant, homme d’État, homme de lettres;qu’on veuille faire du blé, de la toile, des tableaux, des livres;qu’on songe à émettre des doctrines politiques ou à enfanterquelque ouvrage de poésie, celui qui veut produire est obligé,avant toutes choses, d’examiner attentivement si le produitqu’il veut faire répond a quelque besoin, s’il y a chance qu’ilse vende, et dans quelle proportion il pourra se vendre.
Sans cela, tous les talents et tous les moyens imaginables
h.
4