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Tome second.
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TOUTE INDUSTRIE PEUT ÊTRE LIBRE.

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eût jamais olfert de nouveaux produits, on n’eût fait naîtreen elle aucun nouveau besoin; elle serait restée avec sa pau-vreté, sa grossièreté et ses vices. Le premier intérêt de toutesles industries, de toutes les sortes de travaux, est de la por-ter à renoncer à des plaisirs bornés, ou vulgaires, ou dan-gereux, et de lui inspirer le goût de jouissances plus variées,plus étendues, plus nobles, plus judicieuses. Mais je dis qu’ilfaut partir de ses goûts actuels pour le conduire à des goûtsmeilleurs ; qu’il faut que les idées qu’on lui présente rentrentdans les idées qu’elle a, et que toute production qui s’écartetrop de ses besoins, ou qui en excède la somme, est unedestruction de richesses plutôt qu’une création de valeurs.

Je ne sais si cette règle, que la production, pour être réelle,doit être en rapport avec les besoins, est généralement com-prise; mais combien peu encore elle est observée! Combienpeu il y a de personnes qui, dans le choix de leur profession,du lieu où elles vont l’exercer, de la nature et de la quantitédes produits qu’elles entreprennent de faire, prennent lapeine de s’informer des besoins du public, et d’étudier la na-ture et l’étendue des débouchés! Ici on obéit à la routine; làon est emporté par la fureur des innovations. 11 y a destemps où certains sujets de spéculation deviennent tout-à-coup à la mode, où de certains genres d’entreprises dégénè-rent subitement en manie. Arrive-t-il à quelqu’un de faireavec succès une chose nouvelle? c’est à qui se hâtera le plusde l’imiter, et la chose nouvelle n’est pas lâchée jusqu’à cequ’on l’ait fait dégénérer en folie ou en sottise. Lorsqu’oneût commencé à creuser des canaux en Angleterre, dit unécrivain anglais, la mode en devint telle qu’en peu d’annéesle pays en fut sillonné dans tous les sens, et qu’on en ouvritjusque clans ies districts où il n’y avait rien à transporter ( ' ),

(') Rev. Brilann pmn. série, t. I, p. 13.