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LIVRE VI. CONDITIONS AUXQUELLES
de décrire. Il est fort possible, en effet, qu’un homme peu ca-pable de juger de l’opportunité de créer un certain produit,ou de dresser le compte des frais auxquels il est possible dele produire, soit d’ailleurs en état d’administrer avec intelli-gence, fermeté et sagesse l’établissement monté pour l’ob-tenir. Mais si cette dernière faculté ne doit pas être confondueavec les précédentes, elle ne peut pas, sous un autre rapport,en être séparée : il faut qu’elle concoure avec elles, et nuln’est véritablement homme d’affaires, s’il n’est en mêmetemps administrateur. Ce talent de l’administrateur est d’unesi grande conséquence, que rien ne saurait en tenir lieu; etl’entreprise la plus excellente, celle où l’on obtiendrait parles meilleurs procédés les produits les plus susceptibles dese vendre, n’aurait aucune chance de se soutenir, si d’ailleurselle n’était pas convenablement gérée, s’il y régnait peu d’or-dre, si les heures de travail y étaient mal réglées, les dépensesmal faites, les ressources gaspillées, la police faiblement main-tenue, etc.
Il n’y a rien dont le chef de l’entreprise, même la plus heu-reuse et la plus féconde, doive se préoccuper davantage quede la question d’administration. Il ne saurait jouir de son fondsavec sécurité que lorsqu’il est parvenu, à force de bonne ges-tion, à se mettre au-dessus de toutes les chances. Il ne peutpoint être tranquille tant qu’il doit a quelqu’un ou qu’il se doità lui-même un capital engagé dans des bâtiments, des appa-reils, des machines dont la concurrence, une découverte, lapaix, la guerre, mille évènements, peuvent à chaque instantruiner la valeur. Il ne lui est permis de se rassurer que lors-qu’il est parvenu à se rembourser de toutes ses avances, à for-cer l’entreprise à se racheter, à lui faire rendre entièrementJe capital qu’elle tenait engagé. Il n’ya point jusque-là de reve-nus véritables, puisqu’il n’y a que des revenus fondés sur un