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Tome second.
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TOUTE INDUSTRIE PEUT ÊTRE UIRRE. 67

taux, au pied du lit des malades; celle des avocats chez lesavoués, dans les greffes, dans les parquets, à la barre des tri-bunaux, la où ils pourraient le mieux se familiariser avec lesprocédés de la justice et l’intelligence pratique des lois; celledes administrateurs dans les bureaux des administrations;celle des mineurs dans les mines; celle des manufacturiersdans les manufactures; celle des ingénieurs des ponts etchaussées sur les routes, et au milieu des travaux qu’ils se-raient destinés 'a diriger plus tard, etc. ( * ). »

Et toutefois, en reconnaissant qu’il importe de commencerpar la pratique, hâtons-nous de dire que sa marche ne devientsûre et son action vraiment puissante que lorsque la théoriel’accompagne ou la suit, et lui prête le secours de ses lumièresSans l’intervention des sciences, l’industrie, livrée a l’empi-risme et à la routine, ne ferait des forces de la nature qu’unusage aveugle et borné. Le propre des sciences est de luiapprendre à s’en servir avec discernement et avec étendue.J’ai déjà dit que la nature, laissée à elle-même, ne travaillaitpas de préférence pour l’homme : les sciences, en lui décou-vrant comment elle agit, lui offrent les moyens de lui déroberses forces et de les plier à son usage. Elles lui dévoilent lespropriétés des corps, leur action physique, leur action chi-mique, et elles lui livrent une multitude de secrets et de le-viers dont il peut tirer ensuite les plus grands secours. Quipeut dire tout ce que les arts ont emprunté de vérités fécondesà la chimie, à la physique, â l’astronomie, à l’histoire natu-

(’) J’ai traité ce sujet avec plus de détail dans un article sur les Pré-tentions de notre temps à l'esprit pratique , inséré au t. Il, p. 118 duJournal des économistes. J’y renvoie ceux de mes lecteurs qui auraientbesoin de plus amples explications. Cet article a pour objet de mon-trer combien on est mal préparé â la pratique des arts par une longueéducation purement spéculative.