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Tome second.
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f!8 LIVRE VI. CONDITIONS AUXQUELLES

relie? Quelquefois un seul des faits observés par ces sciencesa suffi pour leur faire faire d’immenses progrès. Quel parti,par exemple, n’a-t-on pas tiré de la connaissance des pro-priétés de l’aimant et de celle de l’élasticité des fluides? Laboussole, pour me servir de la belle expression de Montes-quieu, a ouvert au commerce l’univers. On supputait, il y adéjà longtemps, que la machine à vapeur, qui n’est qu’unmoyen, devenu de plus en plus ingénieux et puissant, de seservir de l’énergie expansive de la vapeur d’eau, avait assezaugmenté les produits de l’industrie en Angleterre pour cou-vrir les intérêts de la dette, montant annuellement à plusd’un milliard.

La puissance de l’industrie est donc étroitement liée àcelle des sciences; et s’il est très essentiel que les hommesqui se destinent à la pratique d’un art commencent par semettre au courant de ses détails les plus techniques, il ne l’estpas moins qu’un bon enseignement scientifique se place àcôté ou à la suite du travail expérimental. Il serait seulementà souhaiter que cet enseignement fût donné par des savantsqui ne fussent pas éminents seulement par la science, et quieussent été des praticiens consommés; de telle sorte quetout tendît à la même fin, et que la théorie elle-même n’eûtpour objet et pour effet que de perfectionner les procédés dela pratique.

Je n’ai pas besoin de dire combien cette interversion desusages en vigueur serait à tous égards avantageuse, et à quelpoint l’étude des sciences, ainsi rapprochée des faits de lapratique, devrait donner des résultats meilleurs; combienelle serait à la fois plus aisée et plus profitable; quel attraitoffrirait la théorie quand elle viendrait rendre raison desprocédés d’un art devenu familier, et quels progrès elle luiferait faire. Il y aurait dans la satisfaction intellectuelle que