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Tome second.
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LIVRE VI, CONDITIONS AUXQUELLES

ter de lui et des siens. Reconnaissons donc qu’il est peu devertus dont l’homme industrieux ait plus besoin, surtout dansles conditions inférieures, que de celle qui est nécessaire pourrégler sagement le principe de la population.

Si la liberté des arts tient essentiellement au progrès desmœurs individuelles, elle se lie d’une manière non moinsétroite au développement des bonnes habitudes civiles. Pourpouvoir exercer librement un art quelconque, il ne suffit pasque nous fassions un usage prudent de nos facultés, que noussoyons de bons économes de nos forces, il faut encore quenous sachions nous en servir sans préjudice pour autrui ; ilfaut que nous ayons appris à en renfermer l’usage dans leslimites de la justice.

Nous pouvons sortir de ces limites d’une multitude de fa-çons. II est en effet mille façons de nous attaquer, de nousfaire mutuellement violence. Nous pouvons nous attaquerdans nos personnes par des diffamations, des outrages, desblessures, des meurtres ; nous pouvons nous attaquer dansnos fortunes par des fraudes, des escroqueries, des vols, desextorsions, des pillages; nous pouvons nous attaquer dansl’exercice de nos facultés par des prétentions exclusives, desprohibitions injustes, des accaparements, des monopoles,des usurpations de privilèges, etc.

Or, de quelque manière que nous entreprenions les unset les autres; que nous nous attaquions dans nos personnes,dans nos fortunes, dans l’exercice de nos facultés, les atta-ques que nous nous livrons ont pour effet inévitable de res-treindre notre pouvoir d’agir, et elles le restreignent d’au-tant plus, que les excès auquel nous nous portons les unsenvers les autres sont plus graves et plus multipliés.

11 est bien superflu de dire par exemple, que nous dimi-