DES INDUSTRIES EXTRACTIVES. 187
long du fût circulaire qui plonge dans la mine, et dans cespaniers des hommes qui vont s’y approvisionner. Ceux-ci des-cendent dans les entrailles de la terre avec une rapidité dontl’habitude seule leur fait braver les périls, et, leur besogneachevée, sont rendus de même a la clarté du jour. Cependant,rouages et poulies gémissent au-dessus d’eux comme des Ti-tans essoufflés, chantant et sifflant des airs lamentables, sansque s’arrêtent jamais ces machines énormes destinées cha-cune a remplacer l’action de deux cents chevaux. Un panierrempli de charbon arrive à peine à l’orifice extérieur de lamine, que vous le voyez de lui-même prendre sa course, allerse décharger dans un wagon et revenir à son point de départavec une intelligence et une agilité qui vous confondent;puis, sur la plaine, sans chevaux, sans locomotive, sans con-ducteur, tout un train de wagons court, rapide comme l’éclair;et quelle n’est pas votre surprise lorsque, arrivant près de laTyna, vous voyez ces wagons lancés, sans que rien paraisseleur devoir être un obstacle, jusqu’aux plus extrêmes confinsdu rivage, où ils trouvent un railway supporté par de solidespilastres , et qui s’avance au-dessus de l’eau comme la têted’un pont-levis : on le dirait destiné a faciliter la chute del’enragé convoi, qui va toujours; encore un moment, et, cul-butant sur elle-même, la masse mouvante doit se précipiterdans l’eau.... Mais justement alors se ralentit et s’arrête cettecourse, en apparence si insensée : les wagons se détachentun a un; le premier en tête, victime dévouée, poursuit sonchemin, et rien ne peut le sauver : tout-a-coup cependantdeux bras gigantesques s’élèvent à l’extrémité du railway,saisissent ce char pesant, et l’enlevant comme une plume, letiennent suspendu en l’air; puis, avec un mouvement douxet lent, le déposent sur le navire qui l’attendait. Le wagonest a peine au niveau des plats-bords, qu’un homme, placé