de l’industrie voiturière. 241
l'industrie qui n’ait à pourvoira l’établissement de ses ateliersde travail, et que l’Etat se croie obligé de défrayer d’une dé-pense si naturelle? Et pourquoi ce qu’il ne fait pour aucuneautre serait-il obligé de le faire pour celle-ci? Pourquoi lesroutes, usées surtout par les rouliers, seraient-elles ouverteset entretenues par l’universalité des contribuables?
Dans un système qui laisserait à l’industrie voiturière lesoin de se pourvoir des principales sortes de voies dont ellea besoin, il arriverait une chose qui serait la plus naturelle etla plus juste du monde : à savoir que les routes seraientpayées par ceux qui en feraient usage et précisément dans laproportion de l’usage qu’ils en feraient ; tandis que dans lesystème établi, il n’y a pas la moindre proportion entre l’usageque chacun en fait et la part que chacun p«end à la dépense ;elles sont faites avec les ressources de tout le monde et pro-fitent particulièrement aux voituriers, aux voyageurs, auxgens dont elles bordent les héritages, et, de proche en proche,à ceux qui se trouvent à une moindre distance de leur zoned’activité.
Il y aurait dans ce système, il est vrai, nécessité de s’ac-coutumer à la gêne du péage ; mais quand on se plie à cetteincommodité dans les pays du monde où la circulation est laplus active et la plus rapide, et notamment en Angleterre etaux États-Unis, pourquoi serait-il impossible de s’y soumettredans des pays où la circulation est loin d’avoir acquis le mêmedegré d’activité et de rapidité? Pourquoi nous déclarerions-nous indisciplinables au point de ne pouvoir accepter unerègle juste et naturelle, que la moitié de l’Europe observesans la moindre difficulté?
Notez d’ailleurs qu’en France même cette règle est à beau-coup d’égards pratiquée ; et, quand on l’observe sur les ca-
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